Etre français, c'est d'abord être «révolutionnaire»

Publié le par Espiel71 Militante

En plein débat sur l’identité nationale, l'ancien attaquant international a estimé mardi qu'être français ce n'est pas «chanter la Marseillaise» ou «lire la Lettre de Guy Môquet».

Etre français, c'est d'abord être «révolutionnaire»
Cantona a joué les photographes. (AFP)

«Etre français est-ce que c'est devoir parler français, chanter la Marseillaise, lire la lettre de Guy Môquet? Ca c'est être con!», a-t-il lancé, interrogé sur son sentiment face au débat sur l'identité nationale, lors de la présentation à la presse de son livre de photographies de personnes mal logées réalisé pour la Fondation Abbé Pierre. «Je ne dis pas que chanter la Marseillaise c'est être con, mais bâtir tout ça (l'identité, ndlr) sur ça...», a-t-il précisé.

«Etre français c'est être révolutionnaire, d'abord (...) On ne peut pas accepter tout ce qui se passe», a ajouté ce petit-fils d'immigrés espagnols et italiens, membre du Comité d'Amis et de Parrains de la Fondation. Les responsables politiques «balancent ce débat avant les élections. Tout le monde en a conscience mais (...) on leur sert la soupe car c'est ce qu'ils veulent», a-t-il dit. «Donc arrêtons d'en parler, et parlons de choses beaucoup plus sérieuses et beaucoup plus graves».

«On s'habitue à ce système»

Évoquant son travail de photographe sur des Français privés de logement décent, il a jugé «inacceptable de voir ça dans un pays riche». «Ce qui m'inquiète, a-t-il poursuivi, c'est qu'il y a des gens qui voient ces choses et qui s'habituent». «On s'habitue à ce système, à ce qu'il y ait des gens dans la rue, à tout ce qu'on nous balance à la télé, à la manipulation des politiques, à leur bourrage de crâne, à s'abrutir», a-t-il déclaré.

«Il faut se battre contre nous-mêmes, contre nos idées reçues, contre la facilité», et «arrêter de se dire que tout ça fait partie du décor», dit-il.

L'ouvrage, «Elle, lui et les autres», est paru le 3 décembre aux éditions Desclée de Brouwer. Ce recueil de photographies en noir et blanc dépeint les situations d'exclus vivant dans des bidonvilles et des squats à Lyon, des chambres de 4 mètres carrés à Paris ou encore des baraques sous des ponts parisiens. Il montre aussi les centres d'accueil de jour de la Fondation Abbé Pierre.

Les bénéfices seront reversés intégralement à la Fondation Abbé Pierre.

lessentiel.lu avec AFP

Publié dans Ce que je sais

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