Réforme de la formation des enseignants

Publié le par Espiel71 Militante

La réforme de la formation des enseignants suscite à nouveau un tollé

 

La réforme de la formation des enseignants suscite à nouveau un tollé

Le dernier projet en date de réforme de la formation des enseignants vient d'être dévoilé aux syndicats qui l'ont vivement critiqué, jugeant la formation pédagogique affaiblie.

Le dernier projet en date de réforme de la formation des enseignants vient d'être dévoilé aux syndicats qui l'ont vivement critiqué, jugeant la formation pédagogique affaiblie.

Cette réforme, dite "masterisation" car elle prévoit de recruter les futurs enseignants au niveau master 2 (bac+5), avait été l'un des motifs centraux de la contestation universitaire du printemps et, de ce fait, repoussée d'un an.

Après la remise des travaux de quatre groupes techniques aux ministres Luc Chatel (Education) et Valérie Pécresse (Enseignement supérieur), ceux-ci ont tranché: les concours auront bien lieu durant l'année de master 2, ils auront surtout des épreuves disciplinaires et les masters seront généralistes.

La réforme prévoit en effet que la formation incombe désormais aux universités via ces masters, et non plus aux Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM).

Plus précisément, les épreuves d'admissibilité sont prévues en septembre de l'année du M2 pour les futurs professeurs des écoles et en décembre pour ceux des collèges et lycées ainsi que ceux des lycées professionnels, a-t-on indiqué au ministère de l'Education, l'admission étant en fin d'année.

L'admissibilité sera composée de deux épreuves écrites disciplinaires et l'admission consistera en "une articulation entre épreuves disciplinaire et pédagogique (élaborer une leçon)", a-t-on précisé.

Pour les professeurs des écoles, les deux épreuves d'admissibilité seront "le français et la culture humaniste" et "les mathématiques et les sciences".

Les masters seront "généralistes" (centrés sur des disciplines, mais avec peu de pédagogie) car le gouvernement souhaite que les nombreux étudiants qui échouent chaque année aux concours d'enseignants puissent sortir du supérieur avec un diplôme directement utilisable sur le marché du travail.

Comme prévu, des stages en responsabilité devant classe seront proposées en M2, alors qu'avant les IUFM préparaient au métier pendant une année de fonctionnaire stagiaire, désormais supprimée.

La présentation des derniers arbitrages aux syndicats a suscité un tollé: la FSU a "demandé à nouveau l'abandon" de la réforme, le Sgen-CFDT a "dénoncé avec colère les responsables d'une régression dramatique", "le pire se confirme" selon l'Unsa Education, le projet est "inacceptable en l'état" pour l'Unef.

Témoignage de la querelle pédagogistes/disciplinaires, les syndicats ont déploré que la formation pédagogique soit "affaiblie" voire "oubliée", alors que pour eux "enseigner est un métier qui s'apprend". On "envoie dans le mur les futurs enseignants", a déploré le SE-Unsa, syndicat du secondaire.

Et placer tout le concours en M2, année où les étudiants auront aussi un stage de 108 heures en classe et un mémoire de recherche à préparer pour valider leur master, risque de "surcharger" l'année et en faire "un long bachotage".

Six syndicats et même l'Académie des sciences avaient plaidé pour une admissibilité en M1. Preuve de la complexité de ce dossier, le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, n'était cependant pas sur cette ligne et n'a guère émis de critiques sur les derniers arbitrages.

Les autres syndicats de la FSU, SNUipp (primaire) et Snesup (supérieur), ont eux rappelé que la réforme était un des motifs de la grève à laquelle ils appellent le 24 novembre. Et l'Unef a réclamé de "profondes inflexions", sans quoi elle craint "une situation explosive dans les universités" pour la mise en oeuvre de la réforme à la rentrée 2010.

Publié dans Ce que je sais

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