Metz: le " coup de gueule " de Laurence Parisot sur la taxe professionnelle

Publié le par Espiel71 Militante

En tournée auprès des PME lorraines, la patronne des patrons a appelé hier les députés à ne pas voter l'amendement UDF aménageant la réforme de la taxe professionnelle. Elle dénonce " le risque de tuer la reprise à travers un vote qui serait désastreux pour les entreprises ".


« Entourée des présidents de Medef territoriaux, je veux faire une déclaration solennelle... »
En tournée hier auprès des patrons de PME-PMI de Lorraine à huit mois des élections au Medef, Laurence Parisot est arrivée préoccupée hier après-midi au Centre des congrès de Metz où elle devait animer une réunion-débat devant 800 chefs d'entreprise. « Elle a téléphoné à Fillon toute la journée, il ne peut pas laisser faire cela », souffle en confidence le président du Medef 54...
« Cela », c'est l'amendement voté la veille par les députés UMP en commission des finances pour faire descendre aux entreprises de 152.000 € de chiffre d'affaires (plutôt que de 500.000 € comme le prévoit le gouvernement) le déclenchement du paiement d'une contribution sur la valeur ajoutée.
Un aménagement qui, s'il était voté, pourrait rapporter un milliard d'euros aux collectivités territoriales qui craignent que cette réforme de la taxe professionnelle mette à mal leurs ressources.
« Le président de la République a eu le courage d'engager cette réforme pour la compétitivité de la France et de ses entreprises, son Premier ministre a préparé cette réforme dans un certain consensus, dénaturer la réforme de la taxe professionnelle alourdirait la fiscalité des entreprises, en particulier des plus petites », a dénoncé la présidente du Medef.
Pour avoir mené une longue bataille durant des années pour arracher la suppression de cette taxe professionnelle, « impôt sur l'investissement qui freine la compétitivité des entreprises françaises », la patronne du Medef voit d'un mauvais œil qu'une partie de ce qu'elle pensait gagner puisse être reprise in extemis par les députés.
« Une catastrophe »

« Si cet amendement était définitivement adopté, il serait une catastrophe pour l'ensemble du tissu des PME-PMI », affirme-t-elle. Ainsi lance-t-elle « un appel à tous les députés pour qu'ils étudient son impact » avant de le voter, leur rappelant que « la taxe professionnelle était un des premiers facteurs qui expliquaient les délocalisations ». Et que cette réforme de la fiscalité allait « permettre aux entreprises de rester ».
Elue il y a 5 ans avec l'objectif d'attirer davantage de PME PMI au Medef, mouvement des entreprises de toutes tailles, au grand dam de la CGMPE, Laurence Parisot entreprend sa campagne en vue de sa réélection en juillet prochain. Elle ne pouvait trouver un meilleur terrain que ce rassemblement à Metz des patrons lorrains et cet amendement parlementaire pour lancer son appel à ce que la réforme de la taxe professionnelle promise aille bien à son terme. Sans être rognée.
Jean-Louis DENES

Publié dans Ce que je sais

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