Longwy : L’enfance en difficulté privée de transports

Publié le par Espiel71 Militante

Les familles utilisatrices de centre médico-psycho-pédagogique ne sont plus remboursées de leurs frais de transport. Exemple à Longwy, touchée depuis le 1er novembre, où les médecins craignent une désertion.

En juin 2009, les directeurs de Centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) sont informés par courrier que l’assurance maladie ne prendra plus en charge les transports des enfants qui viennent se faire soigner.

DOSSIER

A renfort de décrets et de circulaires, la mesure est applicable au premier novembre. «Jusqu’ici, tout était mis en place afin qu’un enfant qui a besoin de suivre une thérapie puisse le faire, souligne Gérard Lagorce, psychologue au CMPP de Longwy. La sécurité sociale remboursait ces transports à condition qu’ils soient justifiés. Nous savions qu’un décret stipulant l’arrêt de ces dédommagements était paru en 2006 sans être entré en fonction. Et d’un coup, plus rien
Les CMPP reçoivent des enfants et adolescents qui ont des difficultés relationnelles, d’apprentissage, de mobilité, de langage ou psychologiques. «Ce sont les écoles, les médecins ou les parents qui nous adressent ces jeunes en souffrance, explique Marie-Hélène Colaiacovo, psychomotricienne. Notre travail consiste à élaborer un projet thérapeutique. Le nombre de séances varie selon les besoins de l’enfant. Mais il faut un suivi pour que les soins soient efficaces. » La plupart du temps, les familles qui viennent au centre ont des moyens financiers restreints. «Sans le remboursement des transports, nous craignons de perdre nos patients, reprend Violaine Lux, psychologue. Nous avons déjà remarqué que certaines familles arrêtent les séances du jour au lendemain parce qu’elles sont dans l’impossibilité de se déplacer, que ce soit dans notre centre de Longwy, à Longuyon ou à Jarny

Quel avenir ?

Si l’équipe médicale de Longwy s’inquiète de l’avenir de son centre, elle semble surtout touchée par la mesure elle-même. «Nous n’avons pas eu le temps d’expliquer à nos patients qu’ils ne pourraient plus venir au centre, déplore Chloé Chenin, psychologue. Nous sommes surtout choqués de voir qu’on empêche des jeunes de se faire soigner. Il faut bien comprendre que les familles que nous recevons ne se font pas d’argent sur le dos de l’Etat. Elles viennent parce qu’elles en ont besoin. Je suis persuadée que ce n’est pas cette mesure qui va renflouer les caisses de la sécurité sociale. »

Quelle solution ?

Placés sous la tutelle de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) mais employés par l’association PEP 54, les médecins du CMPP de Longwy comptent faire entendre leur mécontentement. «Nous ne pouvons pas faire grand-chose, reprend Gérard Lagorce. Nous aimerions débloquer des fonds pour organiser un ramassage mais nous manquons cruellement de moyens.» En attendant, ils espèrent maintenir tant bien que mal le suivi de leurs patients. «Nous ne pouvons pas abandonner ces gamins. Il faut que l’Etat revienne sur sa décision

Textes : Emilie PERROT.

Publié le 29/12/2009

CMPP

17 bis RUE DE BOISMONT
54400 Longwy
  • Téléphone : 03.82.23.45.41

Activité : Association humanitaire (entraide, action sociale)

 


 

Publié dans Ce que je sais

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