Le paradoxe des régionales

Publié le par Espiel71 Militante

A six mois du premier tour des élections régionales, jamais rapport de forces politiques n'a été, tout à la fois, aussi limpide et aussi opaque à décrypter. La projection des résultats des dernières européennes sur les sondages régionaux qui commencent à tomber, révèle en première lecture une image assez nette de la situation : sept Français sur dix ayant voté ou projetant de le faire ont accordé ou accorderont leurs suffrages à des formations politiques combattant la droite gouvernementale. L'UMP, qui a fait le vide autour d'elle, se présentera en mars 2010 sans réserves de voix, et son mentor, qui est aussi président de la République, n'a, sur le papier, aucune chance de laver de façon significative l'affront des régionales de 2004. À cette analyse s'ajoute qu'une grande majorité de présidents sortants sont parvenus à asseoir leur légitimité à la tête d'exécutifs d'union de la gauche. Jusqu'à faire des régions les entités politiques préférées des Français (cf. le sondage « Sud Ouest »/CSA paru le 14 novembre 2008).

Pourtant, ce paysage électoral est perturbé par deux grandes dépressions. La première est créée par l'absence de stabilité d'un pôle central d'opposition. Déjà chahuté par le Modem aux présidentielles, le Parti socialiste est contesté cette fois par les Verts. Leur poussée aux européennes se confirme lors des partielles de l'automne. En présentant des listes autonomes aux régionales de 2010, ils vont contraindre les sortants à devoir combler entre 25 et 30 points entre les deux tours, après avoir tricoté des accords de gouvernement qui n'échapperont pas aux surenchères. Au risque d'éloigner le culbuto socialiste d'alliés traditionnels qui, plus à gauche, se méfient comme de la peste de ce nouveau lexique politique dans lequel les concepts de taxe carbone, de décroissance ou de désindustrialisation sont, pour eux, des inventions de bobos. Le PS n'a que quelques mois pour trouver la doctrine miracle. C'est peu.

Mais une deuxième dépression, encore moins maîtrisable, guette le ciel politique. Comment, en effet, l'électorat va-t-il réagir aux orages qui déferlent brutalement, comme celui qui vient de se déchaîner autour de la personne de Frédéric Mitterrand ? Il y en aura beaucoup d'autres, qui éloignent chaque fois un peu plus de l'essentiel.

Publié dans Ce que je sais

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