Le débat sur l’identité nationale empêtre la droite

Publié le par Espiel71 Militante

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Loin de ressouder son camp, Nicolas Sarkozy plonge de nombreux députés UMP dans l’embarras, au point de déserter l’hémicycle et de bouder le ministre de l’Immigration, Éric Besson. Le Front national, lui, se frotte les mains.

La preuve du pudding, c’est qu’on le mange. La preuve du décrochage sarkozyste par rapport à la vie quotidienne des gens, ce sont les sondages. Ainsi, selon l’Ifop (enquête réalisée du 3 au 4 décembre), le soutien des Français à l’action de Nicolas Sarkozy est au plus bas (39 %) depuis son élection en mai 2007. Record absolu des mécontents : 61 %, Lesquels se recrutent essentiellement parmi les catégories populaires, finalement peu réceptives au débat sur l’immigration et l’identité nationale, formulé pourtant à leur intention.

UN CONCEPT DANGEREUX

Pas étonnant dans ces conditions que le débat à l’Assemblée nationale sur l’identité ait fait un flop, en dépit d’une tribune du président publiée dans le Monde pour faire événement. Plutôt isolé sur les bancs du gouvernement, le ministre de l’Immigration, Éric Besson, a tenu à défendre l’initiative sarkozyste devant une poignée de députés, les élus UMP quittant petit à petit eux aussi l’hémicycle. Le ministre, comme son maître, a multiplié les amalgames. Sarkozy avait comparé l’interdiction des minarets en Suisse au vote « non » au référendum sur la constitution européenne. Besson reprend la comparaison, ajoutant le premier tour de la présidentielle 2002 et les émeutes dans les banlieues, précisant « qu’un grand nombre de tensions pèsent sur le lien national qui ne se limitent pas aux seules questions de l’immigration ». Et de citer en particulier, comme le locataire de l’Élysée, « la place des différentes religions ».

Pour le PS, Jean-Marc Ayrault reproche à l’Élysée de faire de ce débat « un instrument de division nationale » […] et de « désigner l’immigré ou le musulman comme fauteur d’une “dénaturation” de l’identité française ». Le député PCF François Asensi a invité à se souvenir de l’Affiche rouge du 21 février 1944, « inspirée de la xénophobie de la droite nationaliste qui présentait ces étrangers comme l’anti-France » et qui « font désormais partie du panthéon de notre mémoire nationale ». Et de marteler : « Le concept d’identité nationale du président de la République est scientifiquement inexistant, mais politiquement dangereux.  » « On ne joue pas avec le Front national », a en revanche lancé Maurice Leroy, vice-président du Nouveau Centre. Comme en écho, Marine Le Pen s’est félicitée de la position de l’Élysée. Dominique de Villepin a jugé le débat « piégé », « absurde » et « autoritaire ». Il a dénoncé « une tentation récurrente du pouvoir actuel de donner la primauté à l’émotion, au spectacle, sur la réalité de la politique ».

DOMINIQUE BÈGLES


Publié dans Ce que je sais

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