Déménagement de l’ul cgt Longwy

Publié le par Espiel71 Militante







Le «132» fait table rase de 30 ans de luttes à Longwy



La nouvelle municipalité de Longwy a décidé de détruire le «132», comme l’appellent ses désormais anciens occupants. Les derniers à partir sont les membres de l’Union locale CGT du bassin, premiers à occuper les lieux il y a près de 30 ans. Le bâtiment aura marqué l’histoire du Pays-Haut.


Aujourd’hui, quand les déménageurs auront chargé pour la dernière fois leur camion, le «132» fermera ses portes sur une histoire des luttes longue de presque trente ans.

 

Le 132, celui de la rue de Metz à Longwy, était une gendarmerie jusqu’au milieu des années 60. Puis, alors que mines et usines sont «frappées à mort », comme le titrait Le Républicain Lorrain à l’époque, le bâtiment va vivre une seconde jeunesse : en 1981, l’Union locale CGT du bassin prend ses quartiers au deuxième étage. Premiers arrivés, derniers partis… «On a ensuite travaillé aux côtés des donneurs de sang, des anciens combattants de la Fnaca, du Centre d’information et d’orientation, de l’Union des femmes françaises (aujourd’hui Femmes solidaires, NDLR) ou de la Fédération des conseils de parents d’élèves », explique Albert Falcetta, militant CGT d’abord acteur de terrain à Usinor puis au «132».
La CFDT il y a 5 ans et Force ouvrière il y a deux ans ont fini de nourrir et de façonner ce lieu chargé d’histoire et d’histoires. «On a connu les grands mouvements de 1984, la montée sur Paris, les manifestations à Metz et Nancy, les affaires JVC et Daewoo il y a quelques années avec les séquestrations et occupations des usines. Il y a eu une vie très active ici. On accueillait tout le monde, syndiqués ou non. C’est dans ces bureaux qu’on mettait sur pied les actions, que les suggestions étaient échangées. On centralisait la logistique, tirait les tracts. Un peu ce qui se passe aujourd’hui avec Eurostamp. »


Et maintenant ?


Les vieux portraits de Toni Polatti, premier secrétaire de l’UL CGT en 1936 ou de Sylvain Poli, lui aussi membre historique, ont été emballés. Le panneau sur lequel les photos des événements de 1978-79 sont accrochées attend dans un coin sa nouvelle demeure. Des dizaines d’autocollants sont encore collés ça et là sur les murs, comme certaines affiches d’un autre âge. «C’est un bâtiment du souvenir. J’ai connu une petite partie de son époque glorieuse, le combat de nos pères. Tout est gravé dans les têtes. Il y a de l’émotion au moment de partir », poursuit Patrick Magnette, à la tête de la section.
Alors que ses collègues déposent dans les cartons des coupures de journaux trentenaires et des archives locales qui seront conservées, lui s’affaire dans les cartons. «La nouvelle équipe municipale a souhaité détruire le bâtiment et reloger tout le monde. Avec les autres syndicats, on ira à la Maison de la formation sur le Pôle européen de développement. On sera à l’écart de la ville, il nous faudra donc être visibles, sur le terrain, dans les chantiers, etc. Ceci dit, nos locaux seront plus modernes et plus spacieux
Il s’agira maintenant d’écrire l’avenir de l’Union locale, à la hauteur de son passé. «Si des gens veulent nous voir, on sera là. On a des luttes importantes à mener, quand on sait que 8 % seulement des salariés sont syndiqués… Et puis il y a la réforme des prud’hommes à combattre. Notre travail n’est pas fini

Publié dans Ce que je sais

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