BASSIN DE LACQ. Pour la CGT, il est possible de continuer à exploiter le gisement de gaz après 2013. D'autres pistes sont aussi à suivre sur le bassin : énergies renouvelables, fibres de carbone,

Publié le par Espiel71 Militante

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L'avenir du gisement de gaz selon la CGT

«En 2013, le gisement de gaz de Lacq ne sera pas épuisé, contrairement à ce que peut dire le groupe Total » estime l'Union locale CGT de Mourenx. Le syndicat évoque les pistes d'avenir qui peuvent selon, lui, être explorées sur le bassin industriel.

1 « Un gisement qui peut continuer à être exploité »

« La chimie du soufre (thiochimie) est basée sur la matière première que constitue l'hydrogène sulfuré qui existe à l'état naturel dans le gisement de Lacq » rappelle la CGT.

« Actuellement, on exploite 5 millions de mètres cubes de gaz par jour. Si on veut aller plus loin dans l'exploitation du gisement de Lacq, ce chiffre peut être divisé par cinq. Cela permettrait de subvenir aux besoins de toute l'activité locale de thiochimie qui se trouve en aval. En adaptant les équipements de traitement des gaz dont on dispose déjà sur place. »

« Pour exploiter cet hydrogène sulfuré, il faut un opérateur. Or, celui-ci est déjà là : Total. Ce groupe a donc le devoir de rester sur le bassin. Car la décision de l'arrêt de l'exploitation en 2013, ne vient que de Total, opérateur privé, qui a réalisé 12 milliards de bénéfices en 2008. »

2 « Fibres de carbone : il faut aller plus loin »

Selon le syndicat, la production de fibres de carbone constitue une piste de développement industriel. Il appuie donc l'idée qui a été lancée de fabriquer sur place de la matière première utilisée pour réaliser les meilleures qualités de fibres : le polyacrylonitrile (PAN).

La CGT estime par ailleurs nécessaire de diversifier les productions afin de ne pas se limiter au seul secteur de l'aéronautique.

« En matière de fibres de carbone, l'industrie représente en effet un marché porteur pour les dix années à venir. Que ce soit pour réaliser des réservoirs à haute pression, des équipements éoliens, nautiques, des centrifugeuses pour l'aérospatial. »

3 « Investissons dans les énergies renouvelables »

« La plateforme industrielle de Lacq est grande consommatrice d'énergie » rappelle la CGT, qui souhaite donc que l'on développe des investissements productifs d'énergie renouvelable : biomasse, photovoltaïque, biogaz. « Tous ces projets doivent être concrétisés. Le groupe Total a sa place dans ce domaine. »

4 Sous-traitance : des formations de pointe à développer

« Le bassin de Lacq doit disposer d'une activité de sous-traitance capable d'accompagner le développement des entreprises, rappellent les syndicalistes. « L'accent doit être mis sur la formation des personnels. « Il nous faut des métallos, des chaudronniers, des soudeurs à la pointe des nouvelles techniques. »

5 Une structure de veille technologique

Le syndicat propose que le Groupement de recherche de Lacq accroisse ses liens avec les autres entreprises implantées sur le bassin. Il estime également nécessaire de développer l'activité de veille technologie (recherche de technologies nouvelles) au niveau de Chemparc. « Mais il ne faut pas non plus que cette structure dédouane Total de ses responsabilités ».

6 Réindustrialisation : « Des sommes insuffisantes »

« Un plan de sauvegarde de l'emploi est en cours à Celanese. Mais il manque un plan visible de réindustrialisation du site », remarque la CGT. C'est ce qui l'amène à estimer que, pour compenser la perte des 350 emplois supprimés à Pardies, le groupe américain devrait verser au moins « 50 millions d'euros sur la table ».

Une somme beaucoup plus importante que ce qui aurait été envisagé avec les pouvoirs publics, indique-t-elle.

 

Total répond sur l'après 2013

Plusieurs éléments expliquent la décision prise par le groupe Total d'arrêter son activité d'exploitation de production et de valorisation du gaz sur le bassin de Lacq en 2013, dit Jean-Louis Olivet, directeur technique de TEPF.

Tout d'abord, « il ne reste pas autant dans le gaz dans le sous-sol qu'on veut bien le dire ». Et, en tout état de cause, à l'horizon 2013, « l'exploitation traditionnelle du gisement ne trouvera plus sa rentabilité ».

L'usine en place fonctionne en effet avec des procédés « que l'on n'a pas fait évoluer » ces dernières années, cela en raison du contexte économique général.

Selon Jean-Louis Olivet, une poursuite de l'activité nécessiterait de répondre à des contraintes administratives qui entraîneraient des investissements conséquents. Sommes qui ne feraient qu'accroître le déficit d'exploitation.

Une autre explication concerne la gestion sociale du site. « La direction estime que l'on ne peut rester dans le flou, et reporter d'une année sur l'autre une fin qui est inéluctable. Une date de cessation de l'activité a donc été affichée, en tenant compte de l'ensemble de ces éléments ». Le gaz restant peut-il néanmoins être exploité pour subvenir aux besoins locaux des industriels spécialisés dans la chimie du soufre ? « On ne peut pas répondre à cette question en adaptant les installations actuelles. Dire que l'on peut passer en réduisant le débit n'est pas réaliste » répond le directeur technique de TEPF. En insistant que le fait que la durée de vie des installations ne pourra pas être prolongée. « Sinon, cela nécessiterait des investissements tels que cela ne serait pas viable économiquement ».

 

 

Et ta soeur, exploiteur !

Publié dans Ce que je sais

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