La jeunesse bouge au Luxembourg

Publié le par Espiel71 Militante

Freedom not fear: la jeunesse bouge

11 organisations de jeunesse ont signé une plate forme et des revendications contre la restriction rampante des libertés. Elles organisent une journée d'action le 10 octobre.

Sous le prétexte de combattre le terrorisme, le gouvernement Luxembourgeois a pris, ces dernières années, des mesures restreignant de manière significative la liberté, le droit à l'information et la vie privée des citoyens. Parmi ces mesures, on citera notamment la surveillance vidéo, l'enregistrement pendant 12 mois des données de télécommunication, le passeport biométrique ou encore la gestion coordonnée de bases de données administratives ( ?). Il ne s'agit là que des premiers pas vers une société ou chaque citoyen est transparent, éliminant toute expression de liberté individuelle.

La plupart de ses mesures de surveillance sont réalisées de manière irresponsable, sans mécanismes de contrôle indépendants et fiables. Ainsi, un traitement sérieux de nos données personnelles est loin d'être garanti. Par ailleurs, la plupart des mesures de surveillance ont un aspect démagogique en renforçant les sentiments de peur et d'angoisse des citoyens qui souhaitent davantage de sécurité dans une époque dominée par des crises économiques, des conflits internationaux et de perturbation généralisée.

Or, l'équilibre entre sécurité et liberté se perd si tout citoyen est traité en suspect. La surveillance étatique encourage en effet une méfiance et même un sentiment paranoïaque, le "tout sécuritaire" qu'ambitionne le gouvernement signifiant la fin de la cohésion sociale.

L'Etat de droit ne peut fonctionner correctement que si l'équilibre entre sécurité et libertés publiques est rétabli. Il est temps de reconstruire une relation de confiance entre les citoyens, dont la transparence totale ne peut pas être dans l'intérêt de la société. Une sécurité durable n'est possible que si nous passons outre la méfiance réciproque.

Un premier pas indispensable dans cette direction est la réduction du budget considérable alloué aux mesures de surveillance en faveur d'une politique sociale qui s'attaque aux racines des problèmes sociétaux. Plus d'assistants sociaux, des structures de support et des mesures d'encouragement ciblées, des programmes plus efficaces de réinsertion dans le monde du travail, un changement de politique en matière d'immigration et d'intégration, l'extension des droits fondamentaux juridiquement contraignants, en bref: une solidarité vécue au lieu d'une politique répressive.
 Freedom not fear: Revendications pour la protection des droits fondamentaux

Sur le plan national:
- Pas de transmission de données privées sans motif pertinent
- Evaluation indépendante des systèmes de surveillance vidéo existants (p.ex. sur le territoire de la Ville de Luxembourg)
- Gel de tous les plans d'extension de mesures ou méthodes de surveillance
- Abolition de l'enregistrement systématique dans le domaine des communications (internet, SMS et téléphone)
- Protection contre la surveillance au lieu de travail par une législation adaptée
- Pas de fichier étudiant retraçable (carte d'étudiant, Restopolis, etc.)
- Abandon des systèmes de surveillance vidéo et interdiction de l'utilisation de systèmes de reconnaissance du comportement, qui ne résolvent pas les problèmes mais ne font que les délocaliser
- Pas d'enquêtes discrétionnaires sur les ordinateurs privés, ni en ligne, ni hors ligne
- Pas de restriction de l'accès à internet par des agences étatiques ou les providers internet
- Pas de verrouillage de l'accès à internet
- Interdiction de l'installation de filtres dans l'infrastructure de l'internet
- Effacement de contenus d'internet que sur ordonnance d'un juge
Sur le plan européen:
- Pas de registration de tous les voyageurs (vols et bateaux)
- Pas de coopération automatique de la collecte d'information et de données privées (programme de Stockholm)
- Pas de surveillance systématiques de transactions de paiement ou autres analyses de données de masses en Union européenne (programme de Stockholm)
- Pas d'échange systématique de données privées avec des pays tiers sans protection effective des droits fondamentaux (p.ex. échange de données bancaires avec les Etats-Unis)

Les initiateurs de la plateforme (en ordre alphabétique):
- Chaos-Computer-Club Lëtzebuerg, CLAC, Infoladen, Jeunesse démocrate et libérale (JDL), Jonk Gréng, Jonk Lénk, Jeunesses socialistes luxembourgeoises (JSL), Piratepartei Lëtzebuerg, Sokrates.lu, UNEL

Les initiateurs lancent un appel à la mobilisation pour la journée nationale "Freedom not Fear", qui aura lieu le 10 octobre 2009 à Luxembourg-Ville.

Publié dans Ce que je sais

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