Les travailleurs européens d'Opel affichent leur solidarité à Anvers

Publié le par Espiel71 Militante

Les syndicats européens du constructeur automobile Opel ont réuni mercredi de 3 à 5.000 personnes, dont des centaines venues d'Allemagne, devant l'usine d'Anvers (nord), dans le but d'afficher leur "solidarité" alors que les dirigeants des pays de l'Union se déchirent sur ce dossier.

 "Si on ne se bat pas aujourd'hui pour l'avenir d'Anvers, alors, ce sera la même chose demain pour une autre usine" en Europe, a déclaré Peter Scherrer, secrétaire général allemand de la Fédération européenne des métallurgistes (FEM).
"L'union fait la force", a-t-il lancé aux manifestants réunis sur la pelouse située devant l'entrée de l'usine belge, où les quelque 2.600 salariés risquent de perdre leur emploi. Une grande banderole jaune, couleur du constructeur allemand, frappée du slogan "Wir Sind Opel" ("Nous sommes Opel") était accrochée sur la façade de l'usine, située le long d'une voix rapide dans le port d'Anvers, à une dizaine de kilomètres du centre-ville. "Il faut une optique européenne et non une rhétorique nationaliste qui ne nous aide pas", a ajouté M. Scherrer, alors que la chancelière allemande Angela Merkel est critiquée pour son "cavalier seul" dans le dossier Opel. Dans une nouvelle mise en garde à Berlin, à quelques jours des élections législatives allemandes, la Commission européenne a prévenu mercredi qu'elle n'autoriserait pas les aides d'Etat promises à Opel si celles-ci sont liées à des promesses spécifiques en matière d'emploi. Plusieurs pays européens, en tête desquels la Belgique, mais aussi la Grande-Bretagne ou l'Espagne, ont indiqué qu'ils refusaient de faire les frais de la restructuration d'Opel au profit de la seule Allemagne. "Entre travailleurs, la solidarité a fonctionné dans le passé, pourquoi ne serait-ce pas le cas aujourd'hui?", relevait en marge de la manifestation un responsable du syndicat belge CSC, Walter Cnop, tout en admettant qu'il s'agissait d'un "exercice difficile". "Nous n'accepterons jamais la fermeture d'une entité de production, ni de licenciements sans plan social. Il faut que la production soit répartie équitablement", a-t-il ajouté, en résumant le point de vue des syndicats européens d'Opel.
Arrivés d'Allemagne à bord d'une vingtaine d'autocars en milieu de matinée, des salariés des sites de Bochum, de Kaiserlautern et du siège de Rüsselsheim, ont été rejoints par les ouvriers de l'usine flamande, qui ont arrêté la production pendant deux heures, le temps de participer au rassemblement. Des délégations de quelques dizaines de personnes venues de Pologne, d'Espagne et de Hongrie avaient également fait le déplacement, selon les organisateurs.
L'américain General Motors, propriétaire d'Opel, a annoncé le 10 septembre la vente de sa filiale européenne à l'équipementier canadien Magna, adossé à la banque russe Sberbank. Les acheteurs ont d'ores et déjà prévu de supprimer près de 11.000 emplois et de fermer une usine, probablement celle d'Anvers, selon la presse allemande. "Depuis hier (mardi), nous nous réunissons et Magna n'a pas dit que l'usine d'Anvers va fermer", a toutefois déclaré sur une radio allemande le syndicaliste belge Rudi Kennes.
Selon le directeur général de GM, Fritz Henderson, "la nouvelle Opel doit fermer au moins une usine". "Anvers est une option, mais rien n'a été définitivement décidé", a-t-il réaffirmé dans une interview mercredi. "Puisque la stratégie de General Motor a été de diviser les travailleurs, il faut que la réponse soit internationale", insistait devant l'usine belge Lisa Gartner, 23 ans, une technicienne en électromécanique, licenciée il y deux ans de l'usine Opel de Bochum.

 


Publié dans Ce que je sais

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