BOLIVIE • Evo Morales critique l'aide américaine

Publié le par Espiel71 Militante

e gouvernement de Bolivie a demandé aux Etats-Unis de revoir son programme de coopération avec le pays. "Le ministre du Développement, Noel Aguirre, a expliqué que La Paz prétendait réorienter l'aide que le pays reçoit de la part de l'agence étasunienne USAID", rapporte le journal Los Tiempos. Les projets de l'USAID portent sur "un renforcement des institutions démocratiques" et arrivent à leur terme en novembre. "Nous souhaitons que ces programmes se concentrent plutôt sur une aide au développement social", a précisé le chef de l'Etat, Evo Morales.

Depuis l'expulsion en septembre 2008 de l'ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie pour "délit d'affabulation" et le renvoi du territoire de la
DEA (l'agence antidrogue américaine) en novembre pour "espionnage", les relations entre les deux pays sont au plus bas. Evo Morales estime que l'aide américaine vise à financer les leaders de l'opposition.

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Evo Morales
79e président de la République de Bolivie
Evo Morales
79 ème président de la république de Bolivie

Ses premières annonces concernent :

  • la production de coca : il a affirmé sa volonté de lutter contre le trafic de drogue et que l'une des lignes de son futur gouvernement sera : « zéro cocaïne, zéro trafic de drogue ». Mais il a précisé : « il ne peut y avoir, sous prétexte de lutte contre la drogue, zéro coca ou zéro cocaleros (le nom des cultivateurs de coca), il faut changer ces politiques ». Et désire dans cette optique voir dépénalisée au niveau international la culture de la coca. La mastication de la feuille de coca est une tradition millénaire [10] en Bolivie, et l'effet, bien que procurant une stimulation, n'a que fort peu à voir avec celui de la cocaïne [11].
  • la présence militaire étrangère : concernant les États-Unis, il estime que sous couvert de lutte contre la culture de la coca, les États-Unis installent des bases militaires. Il estime qu'actuellement : « dans le cadre de politiques de lutte contre le trafic de drogue, les forces armées et la police sont subordonnées à des forces étrangères armées et en uniforme ». S'y opposant, il a ajouté : « nous mènerons la lutte contre le trafic de drogue, mais sans aucune intervention policière ni militaire d'un pays étranger ».
  • la gestion des ressources naturelles : il ne compte pas chasser les multinationales du pétrole de son pays, mais nationaliser les sociétés boliviennes exploitant les ressources naturelles, notamment l'industrie gazière et éventuellement pétrolière. La Bolivie possède les deuxièmes réserves sud-américaines de gaz naturel.

Le gouvernement a par ailleurs élaboré un plan national de développement. Celui ci a été publié en 2007 et couvre la période 2007-2012. C'est ainsi que les dépenses publiques en faveur de la lutte contre la malnutrition, l'analphabétisme, l'eau polluée, les épidemies se sont élevées à 10,5% du PIB en 2006, 14,8% en 2007.Tous ces chiffres sont publiés par le FMI qui ne saurait e^tre soupconné de sympathie pour un régime donnant la priorité absolue à la lutte contre la pauvreté.


Publié dans Ce que je sais

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