FNSEA : Fédération Nationale des Syndicats d'exploitants agricoles, Shame on you !

Publié le par Espiel71 Militante

Les masques tombent ! Enfin mieux vaut tard que jamais !


« Ce qu’on va faire là, c’est un acte grave, c’est comme se couper les veines. » Mieux que n’importe quel discours, cette phrase prononcée vendredi par Mathieu, 30 ans, producteur de l’Orne, au moment d’ouvrir la vanne de sa citerne remplie à ras bord du lait de ses holstein, en dit long sur sa détermination.
Régulièrement, le monde paysan est habitué à hausser la voix et à s’emparer du gros titre du journal de 20 heures : à la longue, opérations escargots, purin déversé devant les préfectures ou permanences d‘élus locaux murées en trois coups de truelle sont devenus de grands classiques dont tous les acteurs connaissent les répliques.
Mais là, c’est autre chose. La grève du lait lancée la semaine dernière n’est pas une rodomontade de plus, ni un énième coup de colère épidermique. C’est une vague de fond qui se nourrit de l’énergie du désespoir. C’est surtout un mouvement parti de la base et qui échappe donc totalement au contrôle de l’omnipotente FNSEA.
La fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles est habituée depuis l’immédiat après-guerre à constituer l’interlocuteur

privilégié (voire la plupart du temps unique) des pouvoirs publics en cas de coup de grisou dans les campagnes.
Foulant au moins aussi souvent les épais tapis des ministères que la paille des étables, ses dirigeants successifs ont entretenu avec le pouvoir des rapports pour le moins ambigus. Certains ont même fini par tourner casaque en acceptant le portefeuille de l’Agriculture. Chahutée depuis des années par des exploitants lui reprochant cette compromission, la FNSEA vient de se déconsidérer en signant un accord prévoyant de verser aux producteurs 28 centimes par litre, soit moins que le prix de revient estimé à 30 centimes.
Quelle que soit l’issue du mouvement actuel, il aura au moins eu un mérite : celui de faire tomber les masques et de dépoussiérer un syndicalisme agricole encore plus encroûté que son équivalent ouvrier.

 



Publié dans Ce que je sais

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