SOCIAL : La Poste : une grève contre l’attente

Publié le par Espiel71 Militante

La Poste est accusée par les syndicats de sacrifier son statut de «banque sociale» en fermant des guichets dans les quartiers populaires.


Une «grève illimitée» débute aujourd’hui dans les bureaux de poste parisiens. Le personnel dénonce notamment les files d’attentes dans les quartiers populaires. La grève nationale commence demain.

Même si le ministre du Travail Xavier Darcos assure qu’il n’est «pas question de privatiser » La Poste, le personnel - qui compte 52 % de fonctionnaires - sera en grève dès demain dans toute la France contre le changement de statut de l’entreprise. A Paris, le mouvement, «illimité », débutera aujourd’hui dans les 185 bureaux de poste de la capitale. «Comme dans d’autres quartiers populaires, le temps d’attente augmente » car l’activité dite de «banque sociale », c’est-à-dire le retrait au guichet de petits montants, notamment sur les Livret A, «n’est pas jugé rentable » et ne dispose pas de personnel suffisant, dénonce Jérôme Cottenceau (CGT), de Château-Rouge, où s’est déroulée la première action. «C’est un faux procès », répond un porte-parole de La Poste : «C’est la fierté de La Poste d’accueillir tout le monde » de «servir tous les clients, quel que soit le niveau de revenu ». La durée d’attente moyenne pour la France entière serait même revenue en février 2009 à 5,59 minutes contre 9,04 minutes en novembre, selon une enquête commandée par la direction. Olivier Gault (CGT) livre d’autres chiffres : selon lui, l’attente peut monter à «30 ou 40 minutes ». Les usagers «ne savent même plus où trouver les guichets », cachés par les présentoirs commerciaux, s’emporte-t-il.

7 500 postes supprimés

«En écrivant en toutes lettres dans le texte qu’à aucun moment des capitaux de fonds privés n’entreront au capital de La Poste, y compris via la Caisse des dépôts, nous lèverons toute ambiguïté», espère le ministre chargé du dossier, Christian Estrosi. Il est même «prêt à mettre dans la loi le nombre de points de contact » de La Poste sur tout le territoire français, d’après Darcos, qui rappelle que la réforme ne sera «surtout pas » retirée ni même reportée. Nicolas Galepidès, administrateur Sud, parle de 43 000 emplois perdus «entre 2005 et 2008 » et Pascal Barroit, administrateur CGT, maintient que «les derniers résultats semestriels font état de 7 500 suppressions d’emplois en 6 mois ». FO s’est jeté dans cette bataille de chiffres en jugeant que le ministre de tutelle Christian Estrosi, «entretient un flou révélateur sur les besoins réels de financement », évalués à « 2,7 milliards » alors que le président de la République «fixait la barre à 6 milliards » fin 2008. La Poste emploie 295 742 personnes. Le courrier génère plus que 54 % du chiffre d’affaires.

Publié dans Ce que je sais

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