Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 13:59

Les élections régionales se jouent sur un fond de crise.

Une crise qu'on veut nous vendre comme fatalité économique, provoquée par quelques requins de la spéculation en bourse. Et s'il s'agissait plutôt d'une crise profonde et structurelle de l'économie du marché, du système capitaliste dont la seule logique est toujours plus de profit? C'est bien cette course aux profits effrénée qui est la cause de la catastrophe écologique qui menace notre planète, qui provoque la paupérisation de millions de gens qui se retrouvent à la rue, sans emploi et précarisés. Ceux et celles qui  ont encore un boulot sont forcés, sous la menace permanente du chômage,  à travailler dans des conditions qui se dégradent quotidiennement et pour des salaires de misère sans savoir comment finir les fins de mois. Le gouvernement est en train de faire payer la crise de surproduction  du capitalisme à la classe ouvrière: abondance pour les plus riches, austérité et restrictions pour le reste de la population. Nous assistons à une redistribution accrue des richesses du bas vers le haut.

. Alors que les banques et les multinationales sont arrosées avec des millions des contribuables, les politiciens nous brossent le tableau noir de l'effondrement prochain de la sécurité sociale et du système des retraites!

 

Le NPA est persuadé que le capitalisme n’est ni réformable ni moralisable. C'est pourquoi que le NPA refuse de se laisser enfermer dans un cadre électoraliste régional. La partie se joue aussi sur un plan national, européen, voire mondial.

Nous sommes pour l'unité des organisations de la gauche, partis et syndicats, dans la lutte quotidienne qui se déroule dans les entreprises, les facultés, les écoles, les quartiers. Cette unité est nécessaire pour les salariés qui défendent leurs boulots, leurs conditions de travail, leurs acquis sociaux. Si nous présentons des listes NPA aux élections, nous le faisons pour donner une débouchée politique à l'ensemble de ces luttes et combats. Ni le PS, ni le PC ou le PG ne sont nos ennemis. Nous combattons la droite, les patrons et un gouvernement réactionnaire et libéral sur base d'un programme d'urgence. Nous voulons donner une voix à ceux et à celles qui n'en  avaient pas!

 

Le bassin de Longwy: une région dévastée!

Le PS et le PC réunis dans le cadre de la « Gauche Plurielle » n'ont pas tenu leurs promesses. Alors qu'ils se vantaient être des « bastions » contre la politique ultralibérale de la droite, la désindustrialisation et l'exode de la population ont continué. Après que les barons de l'acier ont laissé une terre brûlée aux débuts des années 1980, les responsables politiques de la Grande Région nous avaient vendu le Pôle Économique de Développement (PED) comme « laboratoire de la construction européenne ». Les quelques 91 millions € d'aide à la reconversion ont majoritairement  disparu sur les comptes des « chasseurs de subventions » comme JVC, Panasonic sans vouloir nommer la sinistre multinationale Daewoo. Les quelques entreprises comme Eurostamp qui sont restées sur place un peu plus longtemps tout en profitant des subventions, exonérations et autres cadeaux fiscaux vont à leur tour délocaliser et licencier.

Actuellement, on propose comme perspective aux habitants du bassin de Longwy la construction d'un terrain de Golf sur les friches industrielles. Pour que les pauvres actionnaires et autres bourgeois stressés puissent se détendre!



REUNION PUBLIQUE NPA à LONGLAVILLE

Jeudi 4 Mars – 19h30 – Maison du peuple (Rue Bogdan POLITANSKI)

Avec Jean- Noel BOUET (tête de liste régionale)

Muriel JACQUES et Boris MAXANT (liste 54)



Retraites : L'Etat et le patronat creusent méthodiquement le trou de la Sécurité Sociale.

 



La propagande gouvernementale relayée par des « experts » de tous poils et par les médias aux ordres nous explique qu’avec l’allongement de la durée de vie, il n’y aura à terme pas assez d’actifs pour financer les retraites

L'Etat et le patronat creusent méthodiquement le trou de la Sécurité Sociale.

Comme l'a mis en évidence, et détaillé une responsable de l’organisme, l’Etat a détourné 20 milliards d’euros de parts de taxes qu’ils auraient dû verser à la SECU.

Il s’agit de parts de taxes non reversées à la SECU: sur le tabac, l'alcool, les primes d'assurances auto, les industries polluantes, la TVA, les contrats aidés et les impayés des entreprises.

En détournant ces sommes, l'État transforme artificiellement en « déficit » (11 milliards) les comptes de la sécu qui afficheraient sans cette escroquerie 9 milliards d’EXCEDENT.

A cela s’ajoutent les exonérations de cotisations sociales patronales accordées par le pouvoir ont atteint 30.7 milliards en 2008. Cumulé de 1992 à 2008, ce cadeau au patronat représente 256,3 milliards !

 

ALORS ASSEZ DE MENSONGES ET D’INTOX !

 

 

 

Les salariés, les retraités n’ont pas à payer la crise dont le capital est le seul responsable. Les chiffres le montrent, il y a largement de quoi satisfaire nos revendications sur les retraites.


En 1945, où le PIB était à son plus bas niveau, le rapport des forces entre travail et capital a rendu possible l’instauration du système que nous connaissons aujourd'hui. Pourquoi est-ce que ce système ne serait plus vivable aujourd'hui ? Parce-ce que quelques requins de la spéculation jouent avec nos fonds de pensions ?

Face à cette offensive en s'appuyant sur ces chiffres incontestables, le NPA réaffirme la légitimité des revendications ouvrières, notamment :

Ø      augmentation immédiate de 300 euros des retraites (pour compenser les pertes cumulées sur 15 ans)

Ø      pas de retraite inférieure à 1500 euros

Ø      ré-indexation des pensions et retraites sur l’évolution du salaire moyen.

Ø      le retour aux 37.5 années de cotisations pour les actifs

Ø      le maintien de l'âge légal du départ en retraite à 60 ans

Ø      abrogation du décret Balladur


Arcelor Mittal / La sidérurgie

Pendant des décennies, Longwy, le cœur d'acier, a fourni des bénéfices pharamineux aux actionnaires des aciéries. En 1980, ces mêmes actionnaires ne se sont guère souciés du sort des milliers de sidérurgistes quand ils ont décidé de fermer définitivement la majorité des sites de production.

Alors qu'Arcelor Mittal, le géant mondial de l'acier, continue en Lorraine à se laisser graisser les pattes, il n’hésite pas à dégraisser ses effectifs de l'ordre de 17092 unités en Europe dont 2068 rien qu'en France. En profitant de la crise de surproduction pour licencier à tours de bras, cette destruction d'emplois va procurer à ses actionnaires un gain de 1,65 milliards € par an! Après la fermeture définitive de Gandrange, d'autres sites de la Grande Région vont suivre. Les responsables politiques, Sarkozy à leur tête, se sont désistés de leurs responsabilités pour forcer ArcelorMittal à respecter ses engagements. Les sidérurgistes ne peuvent que compter sur leurs propres forces pour obtenir ce qui leur est dû. Face à l’avidité de quelques actionnaires, les métallos doivent donner une nouvelle dimension à leur combat en livrant une riposte unitaire !

Les groupes industriels et financiers ne doivent plus imposer leur loi. C’est  pourquoi  le NPA se prononce aussi pour la réquisition et la propriété publique de ces groupes sous contrôle démocratique des salariés et des populations.

 

Devant le signal de voie barrée du néolibéralisme, nous exigeons la mise en place de la gratuité des TER et des transports de proximité dans la région.

 

Certainement pas dans l’environnement tel qu’il se présente aujourd’hui. Des gares délabrées, des correspondances inexistantes. Nous voulons un transport en commun de qualité, sur et écologique. L’accident ferroviaire en Belgique a encore une fois démontré de façon cruelle où mène la politique de libéralisation du rail qui a été décidée à Bruxelles et qui a été mise en œuvre partout en Europe. N'oublions pas que les sociétés ferroviaires jadis nationales ont été profondément modelées à la sauce néo libérale depuis 1991 avec la transposition de la directive 440/91 et 3 « paquets » ferroviaires qui ont suivi! Après la privatisation du fret, c'est le tour du voyageur. Tous ces fameux livres blancs et directives rendent désormais possible la privatisation des  bénéfices et la socialisation des coûts. Keolis, une entreprise privée dont un des actionnaires principales est la SNCF exploite déjà aujourd’hui des lignes ferroviaires et réserve les places dans ses trains aux voyageurs payants tout en excluant les élèves et autres détendeurs de titres gratuits ! L’Etat, donc les contribuables, investit dans les lignes de prestiges, les lignes à grandes vitesse du TGV, tout en les ouvrant à des entreprises privées tandis que les lignes fréquentées par  monsieur et madame tout le monde deviennent caduques et perdent leur qualité et leur sécurité. Plaider pour des transports publics de haute qualité, surs et écologiques est un choix de société qui va évidemment à l’encontre des bénéfices des lobbies de l’automobile, du béton et du pétrole !

La gratuité des transports en commun  est, en effet, une mesure à la fois écologique et sociale. La faisabilité de la gratuité des transports en commun, déjà choisie par  de nombreuses villes et agglomérations en France, où elle a été suivie d’une hausse massive de leur utilisation ainsi que d’une diminution des dégradations sur le matériel. Cette gratuité est financièrement possible, car le coût actuel du billet déjà subventionné, peut être totalement couvert par les économies qui seraient réalisées sur les frais de billetterie et par une réaffectation de l'argent public au service du public, ce qui n’est pas la politique menée actuellement par la région, laquelle subventionne des entreprises privées qui licencient.

Ne rien lâcher, tout faire pour que l'argent public aille au public : cela implique notamment la mise en place de la gratuité des transports en commun dans notre région, et la création d'un véritable droit au transport pour tous !

Pour une relocalisation de l'Economie

Le conseil Régional doit appuyer un développement équilibré des territoires qui favorise le respect de l'environnement avec un soutien fort aux initiatives locales d'économie sociale et solidaire, culturelles et d'éducations populaires. Pour sortir d'une société faite d'individualisme, d'égoïsme et basée sur le fric.

Un développement des circuits courts, d'une offre alternative  à la grande distribution, permettant la création de nombreux emplois locaux, de qualité répondant aux besoins sociaux des populations du secteur dans les associations et les entreprises à finalité sociale et coopérative dans le Pays Haut.

L'argent public doit par exemple servir à soutenir l'installation et le maintien de fermes pratiquant une agriculture paysanne, et à la (re)création de commerces de proximité ! 

Garantir sur  notre territoire, des services publics de qualité, les hôpitaux de  Briey et Mont Saint martin, le maintien et la réouverture de bureau de poste, le soutien aux petits commerces.

 

Votons NPA: Il n'y a que les luttes qui payent!

Soyons clairs, pour que ces exigences aboutissent, des élus ne suffiront pas ! Il faudra construire et amplifier la mobilisation sociale, aller vers un mouvement d'ensemble, une grève générale, pour imposer nos revendications  et retirer au patronat la domination qu'il exerce sur l'économie et la société. Nous voulons construire une force qui combat pour une société débarrassée du capitalisme et respectueuse de l'environnement, une société  dont les leviers de décision reviennent à la population dans les communes, dans les quartiers, dans les entreprises.

 

Soutenir les salariés en lutte, exiger la suppression des subventions aux entreprises privées et la récupération de celles déjà versées, utiliser cet argent pour développer les services publics territoriaux, voilà ce que feront des élus défendant réellement les intérêts des classes populaires.

Mais pour répondre à l'urgence sociale, elles devront s'accompagner de revendications plus larges. C'est pourquoi :

-         Face à la destruction de l'emploi, nous exigeons l'interdiction des licenciements.

-    Face au blocage des salaires et des revenus, nous exigeons une augmentation de 300€ pour tous et aucun revenu inférieur à 1500 € net.

-     Face aux attaques répétées contre les retraites et les menaces actuelles, nous exigeons la retraite à 60 ans maximum et  le retour à 37,5 annuités de cotisation.

-      Face aux suppressions de postes dans l'éducation, la santé et tous les services publics, nous exigeons des embauches massives et la renationalisation des services qui ont été privatisés.

-    Face à ceux qui cherchent des boucs émissaires pour mieux diviser les travailleurs, nous exigeons l'égalité des droits entre toutes et tous et la régularisation de tous les sans papiers.

-       Face à la crise écologique, nous exigeons le recours massif aux énergies propres et renouvelables et l'arrêt du nucléaire.

 

Le 14 mars, votez pour la liste NPA pour envoyer au Conseil Régional des travailleurs qui seront véritablement vos porte-paroles et ne lâcheront rien 

Les candidat-e-s en Meurthe et Moselle


1)      Jean-Christophe BERCHE 45 ans Éducateur spécialisé

2)      Muriel JACQUES 38 ans Syndicaliste privée d’emploi

3)      Sébastien BORGES 34 ans Professeur des écoles

4)      Christiane JADELOT 61 ans Retraitée

5)      Thomas CLAIRE 29 ans Professeur du secondaire

6)      Marie-Claude NAGEL 62 ans Retraitée

7)      Stéphane THOMAS 46 ans Statisticien

8)      Sophie NORTON 50 ans Professeure de musique libérale

9)      Jean-Christophe FISCHER 46 ans Conseiller socio-éducatif

10)  Carine ROTHIOT 33 ans Professeure du secondaire

11)  Stéphane PETIT 39 ans Assistant social

12)  Lydie LEBON 38 ans Professeure du secondaire

13)  Cyril FINANCE 30 ans Professeur des écoles

14)  Frédérique NUYTS 45 ans Chef de projet informatique

15)  Philippe GRANGEON 52 ans Infirmier libéral

16)  Sylvie PETIT 44 ans Employée INSEE

17)  Johann KAISER 21 ans Étudiant

18)  Marie CORDIER 33 ans Adjoint du patrimoine

19)  Romain SEEMANN 24 ans Sans profession

20)  Anne-Sibylle GLESS 35 ans Conseillère au Pôle emploi

21)  Antoine BISTORIN 21 ans Sans profession

22)  Yasmina KABLI 47 ans Sans profession          

23)  Boris MAXANT 36 ans Animateur socioculturel               

      24) Lucie SEEMANN 21 ans Étudiante
 

 

 

 

 

Par Espiel71 Militante - Publié dans : Ce que je sais - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 12:21
http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/photo-v2-457x222/rea/carriere-social-emploi/pole-emploi-nascimento/5725182-1-fre-FR/pole-emploi-nascimento_large.jpg

Le chômage est reparti à la hausse au mois de janvier en France après sa stabilisation le mois précédent, selon les données publiées par le ministère de l'Economie et Pôle Emploi qui prennent en compte la révision annuelle de ces séries statistiques.

Le nombre des demandeurs d'emploi de catégorie A a augmenté de 19.500 personnes (+0,7%) au mois de janvier, à 2.664.600 personnes, alors qu'il était resté stable en décembre contre une baisse initialement annoncée de 0,7%.

Les révisions menées chaque année en janvier par le ministère sur les coefficients de correction des variations saisonnières et des effets de jours ouvrables ont conduit à réviser certaines variations mensuelles des chiffres du chômage et à revoir à la hausse les chiffres à la fin de l'année 2009.

Pour la catégorie A, le nombre d'inscrits est relevé de 23.400 personnes à 2.645.100 personnes à fin décembre. Au final, le taux de variation annuel s'élève à 18,7% et non 18,5%.

Pour les catégories A, B et C, le chiffre à fin décembre est révisé en hausse de 24.600 à 3.849.200. La hausse sur un mois est de 0,6% et non plus de 0,2%. Le taux de variation annuel est inchangé à 18,2%.

En janvier, l'augmentation ressort sur un an ressort à 16,1%.

En ajoutant les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite (catégories B et C), la progression s'établit à 0,4% en variation mensuelle en janvier (+15.900 personnes) et à +16,4% d'une année sur l'autre.

"Fin janvier 2010, en France métropolitaine, 3.865.100 personnes inscrites à Pôle emploi étaient tenues de faire des actes positifs de recherche d'emploi (4.103.100 y compris Dom), dont 2.664.600 étaient sans emploi (catégorie A) et 1.200.500 exerçaient une activité réduite, courte ou longue (catégories B et C)", indiquent le ministère et Pôle Emploi dans un communiqué commun.

PRÈS DE 640.000 DROITS OUVERTS AU RSA

En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A a augmenté de 0,9% pour les hommes (+19,6% sur un an) et 0,5% pour les femmes (+12,5% sur un an) en janvier.

Pour les catégories A, B, C, la hausse est de 0,5% pour les hommes (+20,1% sur un an) et de 0,4% chez les femmes (+12,9%).

Chez les jeunes de moins de 25 ans, le nombre de chômeurs a reculé de 0,2% en catégorie A (+13,1% sur un an) et de 0,8% pour les catégories A, B et C (+15,2% sur un an).

Le nombre de chômeurs de longue durée - inscrits à Pôle emploi depuis un an ou plus - a augmenté de 2,8% en janvier pour les catégories A, B, C (+29,4% sur un an).

Les entrées au service public de l'emploi en catégories A, B et C ressortent pour la métropole à 500.300 personnes en janvier contre 504.200 personnes le mois précédent.

Les sorties de mêmes catégories ont quant à elles reculé de 0,2% sur le mois (+18,1% sur un an). Parmi les motifs, les sorties pour "radiations administratives" et celles pour "cessations d'inscription pour défaut d'actualisation" ont augmenté respectivement de 8,7% et 4,1% sur le mois alors que celles pour reprises d'emplois déclarées ont chuté de 16,2% et que celles pour dispense de recherche d'emploi de 23%.

Le ministère et Pôle emploi précisent encore que 598.900 des demandeurs d'emplois en catégories A, B et C, soit 15,1% en données brutes, avaient des droits ouverts au Revenu de solidarité active (RSA), ce qui ne signifie pas pour autant qu'ils touchaient tous cette allocation qui a remplacé le revenu minimum d'insertion à l'été 2009.

Marc Joanny, édité par Yves Clarisse

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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 12:07
http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/interviews-140x173/thibault-intw/5752830-1-fre-FR/thibault-intw_article_portrait.jpg

Dans une interview à Capital.fr, Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT estime que la réforme des retraites pourrait engendrer des mouvements sociaux d'ampleur. Le leader de la CGT réfute les chiffres "farfelus" avancés par François Fillon sur le montant des déficits des régimes de retraite et regrette que le Premier ministre noircisse le tableau pour faire passer des réformes drastiques. Sur le million de chômeurs arrivant en fin de droit cette année, Bernard Thibault craint que le gouvernement ne fasse pas le moindre geste et il prévient : "le gouvernement est en train de préparer un plan d'extrême rigueur, qu'il mettra en œuvre après les élections régionales". Il en appelle donc à l'unité syndicale et tacle au passage Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO.

Capital.fr : Grèves à la SNCF et à la raffinerie de Total à Dunkerque, séquestration de cadres chez Pier Import… le climat social est-il à nouveau en train de se dégrader ?
Bernard Thibault : Le climat social reste très lourd. Même si les conflits sociaux ne font pas la une du 20 heures, le mécontentement des Français n'a pas diminué. Les choix économiques du gouvernement sont très mal perçus par la population et les décisions en préparation risquent d'entraîner très rapidement une forte période de turbulences. La réforme des retraites pourrait ainsi être l'occasion de mouvements sociaux d'ampleur. Les salariés ont le sentiment d'être victimes d'une crise dont ils ne sont pas responsables et le gouvernement va maintenant leur présenter l'addition au niveau des retraites.

Capital.fr : Pourtant la conjoncture économique tend à s'améliorer. Le gouvernement a récemment relevé ses objectifs de croissance…
Bernard Thibault : Je suis particulièrement surpris de l'optimisme de Nicolas Sarkozy lorsqu'il décrète la baisse à venir du chômage, alors que les pronostics, au sein même des cabinets ministériels anticipent la destruction de 300.000 emplois supplémentaires en 2010. Ce n'est rien de plus que de la communication politique. Mais le gouvernement se décrédibilise en annonçant des chiffres qui ne correspondent pas à la réalité vécue par les Français. Non, le chômage ne baisse pas en France. Il est très facile de manipuler les statistiques. Un exemple : aujourd'hui 200.000 Français sont en contrat de transition professionnelle. Ils sont donc sortis des chiffres du chômage, mais n'ont pas d'emploi, pour autant.

Capital.fr : Un million de chômeurs arrivent en fin de droit cette année. Xavier Darcos a estimé que c'est à l'Unédic de régler le problème. Que préconisez-vous ?
Bernard Thibault : Cette situation résulte à la fois de la crise mais aussi de l'application de la convention Unédic, signée l'an dernier par un seul syndicat - la CFDT - et avalisée par le gouvernement. Ce dernier ne peut donc pas se dédouaner. Mais à entendre les ministres marteler tous les jours qu'il faut réduire les dépenses publiques, je crains que le gouvernement ne fasse pas le moindre geste pour ce million de Français. Ce sera donc un des grands sujets dont nous débattrons le 15 février, lors de la réunion entre Nicolas Sarkozy et les partenaires sociaux.

Capital.fr : La réforme des retraites sera aussi un des sujets phares le 15 février…
Bernard Thibault : Nous souhaitons avoir des précisions sur l'agenda et la démarche que compte suivre le gouvernement. Je crains en effet qu'il tente de passer en force et réédite « l'exploit » des dernières réformes des retraites : en 1993 et 2003 les textes avaient été votés en plein été!

Capital.fr : De plus en plus de responsables estiment indispensable de repousser l'âge légal du départ en retraite. La position de la CGT, qui s'y oppose, est-elle tenable?
Bernard Thibault : La CGT s'oppose et s'opposera à toute remise en cause du droit accordant le départ à la retraite à 60 ans. Je réfute les arguments mis en avant par certains dirigeants politiques. Non, l'allongement de la durée de vie n'impose pas forcément un allongement de la durée au travail. Surtout dans un contexte où le travail est rare. Comment voulez-vous mener sérieusement une réforme des retraites efficace alors que le taux de chômage des seniors est en France l'un des plus élevé d'Europe et que les jeunes ont du mal à entrer sur le marché du travail ?

Capital.fr : N'y a-t-il pas urgence à agir ? François Fillon estime qu'il manquera 100 milliards par an à l'horizon de 2050 pour financer le système des retraites…
Bernard Thibault : Les projections financières de François Fillon sur les retraites sont farfelues. Elles n'émanent d'aucune donnée officielle. Le seul objectif du Premier ministre est de noircir le tableau à outrance pour faire passer des réformes drastiques. Comment aujourd'hui le gouvernement peut-il chiffrer le coût des retraites en 2050, tandis qu'il peine à évaluer la croissance ou le taux de chômage pour 2010 ? Ce n'est pas raisonnable.

Capital.fr : François Fillon a récemment déclaré qu'il faudrait aussi revoir le mode de calcul des pensions dans la fonction publique…
Bernard Thibault : Le Premier ministre use de vieilles ficelles, qui visent à opposer les catégories de salariés en surfant sur de fausses évidences. Les Français doivent savoir que les revenus entrant dans le calcul des pensions ne sont pas effectués sur les mêmes bases dans la fonction publique et dans le privé. Il serait aberrant de laisser croire qu’en touchant aux droits dans le secteur public, cela résoudrait le problème de l’avenir des retraites dans le privé. Les fonctionnaires ne sont pas des privilégiés, contrairement à ce qu'essaie de nous faire croire le gouvernement.

Capital.fr : Que propose la CGT pour rétablir l'équilibre des régimes des retraites ?
Bernard Thibault : Aujourd'hui nous consacrons l'équivalent de 12% du PIB aux retraites, il n'est pas aberrant que ce taux augmente encore. Nous souhaitons aussi trouver des ressources supplémentaires en élargissant l'assiette des cotisations et donc en taxant des revenus comme l'épargne salariale par exemple. Il faut aussi aborder le sujet de la pénibilité au travail et faire supporter le coût des départs anticipés aux seules entreprises. Je regrette que le gouvernent ne prenne pas ce sujet à bras le corps. Depuis 2005 les négociations sont dans l'impasse. Or on oublie souvent que l'espérance de vie peut varier de 7 années selon le métier exercé.

Capital.fr : Le conseil d'orientation des retraites rendra son rapport en avril… Faut-il y voir le report de mauvaises nouvelles après les élections régionales ?
Bernard Thibault : Tout à fait et d'ailleurs lors de la conférence sur les déficits, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'une série de mesures destinées à réduire les dépenses publiques seraient dévoilées début avril. Le gouvernement est en train de préparer un plan d'extrême rigueur, qu'il mettra en œuvre après les élections régionales. C'est pourquoi les syndicats doivent se concerter et faire preuve d'initiatives.

Capital.fr : FO ne participera pas à l'intersyndicale que la CGT tente de réactiver. L'unité s'annonce difficile…
Bernard Thibault : FO cherche à compenser par le verbe son absence sur le terrain. Je regrette cette décision car les salariés aspirent dans le contexte actuel à une unité des syndicats et non à une guéguerre stérile. FO est dans une stratégie solitaire qui ne peut que faire le jeu du gouvernement.

Propos recueillis par Frédéric Cazenave

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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 11:58
http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/photo-v2-457x222/rea/parisot2/5692336-1-fre-FR/parisot_large.jpg

Le Medef porte un nouveau coup d'estoc au système de retraite par répartition. Si ce modèle typiquement français ne doit pas tomber aux oubliettes, il est tout de même nécessaire de le modifier, a affirmé ce matin sur BFM Laurence Parisot.

La présidente de l'organisation patronale milite pour que la capitalisation occupe une plus grande place dans le financement de la retraite, afin de pérenniser le système.

Laurence Parisot a aussi plaidé pour un relèvement de l'âge légal de départ en retraite. Le Medef avait déjà demandé l'année dernière un report de celui-ci à 63 ans, contre 60 ans actuellement.

Par Espiel71 Militante - Publié dans : Ce que je sais - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 11:52
http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/interviews-140x173/sauvegarde-retraite/5756042-1-fre-FR/sauvegarde-retraite_article_portrait.jpg

Rendement imbattable, possibilité de cotiser double, pension de réversion sans condition de ressources… le système de retraite des élus Français est pour le moins intéressant. Revue de détail de leurs avantages avec Marie-Laure Dufrêche, déléguée générale de Sauvegarde Retraites.

Capital.fr : A l'heure où la classe politique s'empare de la question des retraites, de quels régimes dépendent les parlementaires Français ?
Marie-Laure Dufrêche : Alors qu’ils sont censés donner l’exemple, députés et sénateurs bénéficient de régimes spéciaux particulièrement avantageux. Un seul mandat de cinq ans permet aux députés de percevoir une retraite de 1.550 euros ce qui correspond, à ce que touche, en moyenne, un salarié du privé, après 40 années de travail. Mieux encore, la quasi-totalité d’entre eux cumule cette pension avec d’autres pensions, notamment celle d’élu local.

Capital.fr : Quels sont ces "privilèges" ?
Marie-Laure Dufrêche : Le régime de retraite des députés fonctionne par répartition, mais leur caisse n’est alimentée qu’à hauteur de 12 % par des cotisations. Le solde du financement est assuré par une subvention votée par les… parlementaires et payée par l’Etat, donc les contribuables. Le régime des députés coûte aux Français la bagatelle de 52 millions d’euros par an, sur les 60 millions de prestations versées. Autre avantage : ils peuvent cotiser double pendant 15 ans, puis 1,5 fois les 5 années suivantes. Ils auraient tort de s’en priver puisque le rendement de leur régime est imbattable : pour un euro cotisé, un député touchera 6 euros à la retraite, contre 1 à 1,5 euro pour un Français lambda. Ainsi, en seulement 22,5 années un député validera l’équivalent d’une carrière pleine, soit quarante annuités.

Capital.fr : Les sénateurs sont-ils aussi bien lotis ?
Marie-Laure Dufrêche : Les sénateurs peuvent aussi cotiser double et le rendement de leur régime est équivalent à celui des députés. Leur caisse fonctionne, en partie, par capitalisation. Les cotisations couvrent 43% des dépenses, le reste est financé par les intérêts de leurs placements. Leur régime a le mérite d'être bien géré puisque fin 2008, leur caisse était excédentaire de 575 millions d’euros, ce qui leur permet d'assurer 23 années de prestations. Dernier avantage de nos élus : en cas de décès, le veuf ou la veuve reçoit 66% de la pension du défunt, sans condition de ressources. Or, dans le privé, les conditions pour recevoir une pension de réversion sont tellement drastiques que le conjoint survivant ne perçoit rien du régime général dès lors que ses ressources personnelles dépassent 1528 euros par mois.

Propos recueillis par Frédéric Cazenave

 

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